Définition

UMUV est caractérisé par une organisation dans laquelle le pouvoir suprême est investi aux membres payant leur adhésion et directement exercé par eux, ou indirectement exercé par eux par un système de représentation comportant des élections libres périodiquement tenues. Sous UMUV il est considéré que les adhérents sont les propriétaires de la société.

Pourquoi ?

La voix démocratique

La FQÉ a toujours prétendu être une organisation démocratique.  Sa constitution prévoit : « Elle est structurée pour assurer une procédure démocratique efficace ».  Mais, dans la pratique, les membres ont peu à dire dans la façon dont la fédération est dirigée, car seulement les délégués ont le droit de voter pour le conseil exécutif; la structure des Ligues (endroit ou les membres peuvent s’impliquer dans le processus électoral actuel) est insatisfaisante pour certains car il laisse toujours l'élection de notre conseil exécutif exécutée souvent par des personnes non connues à l’avance (et pour lesquelles ils n’ont pas voté).  Il existe plusieurs raisons à l’insatisfaction:

  1. Dans la plupart des cas, un membre aura peu ou pas d'idée dans quel sens ces délégués et remplacements voteront pour le conseil exécutif.  Au moment de voter pour leurs représentants de Ligue, les délégués pour l'élection suivante du conseil exécutif ne sont pas même connus.

  2. Presque toujours, le vote pour le conseil exécutif est un vote secret, de sorte que même si les membres entrent en contact avec leurs délégués pour exprimer leur avis quant à la façon dont leurs représentants devraient voter, ces derniers sont libres de les ignorer sans risque d'avoir des comptes à rendre à l'élection suivante.

  3. Dans la plupart des régions, les mêmes représentants, la plupart du temps organisateurs et/ou arbitres, tendent à être élus année après année.  Il n'y a rien d’anti-démocratique au sujet des régions réélisant les mêmes candidats chaque fois, mais il est difficile de concevoir dans ces circonstances que cela permette aux membres d’avoir une voix réelle sur l’élection des membres du conseil exécutif, quand tout ce qu'ils font vraiment est de ratifier à répétition qui sont les organisateurs et le arbitres les plus populaires (et souvent les seuls) dans leur région.

De meilleurs candidats

Plusieurs membres, à la FQÉ, se plaignent depuis longtemps que nous avons besoin de candidats de meilleure qualité, affirmation provenant particulièrement de la part de ceux qui tentent de vivre du monde des échecs.  Mais notre système actuel tend à produire des élections fortement politisées, dans lesquelles plusieurs candidats sont plus à même de faire des alliances et dire à des électeurs ce qu'ils veulent entendre- en plus de promettre la création de comités bidons - dans l'espoir d'obtenir leur l'appui, plutôt que d’insister sur l’importance d’une gestion saine d’une OSBL.  Ceci étonne à peine quand l'appui des quelques «initiés» ; peut apporter à un candidat 20%-30% ou plus des voix requises pour être élu.   Si les membres avaient le droit de voter, l'influence des «insiders» serait considérablement réduite, et cela permettraient aussi à des gens compétents (mais ne souhaitant pas jouer le « jeu » politique), de se manifester.

Un CA plus à l’écoute

Un des principaux avantages de la démocratie est que les dirigeants sont redevables envers ceux qui les élisent.  Si votre travail est insatisfaisant, vous ne serez pas réélu.  Nous avons actuellement une structure par laquelle les membres du conseil exécutif sont intéressés à satisfaire des délégués et des représentants de Ligues, mais pas les membres.  Les organisateurs et les arbitres sont essentiels à notre fédération, mais un CA qui ne situe pas sa première priorité sur les besoins de l’ensemble de ses membres ne peut pas satisfaire aux besoins actuels de la FQÉ. 

La majeure partie de nos membres est maintenue hors du processus électoral du conseil exécutif, ainsi un système favorisant le dialogue essentiel afin d’avoir une fédération plus forte est présentement absent aux deux extrémités.  Dans le système actuel les candidats n’ont plus besoin du support des membres pour être élus, donc très peu sont conscientisés aux problèmes qu’ils vivent, ayant pour résultat que peu de membres exprimant des avis ou devenant intéressés dans des affaires de fédération, décident de s’impliquer.  UMUV est susceptible de briser ce cercle vicieux, fortifier le processus électoral, et agrandir le groupe de ceux qui se préoccupent de la gouvernance de la FQÉ.

Autres avantages d’impliquer les membres

Un autre avantage important de faire participer tous les adultes intéressés dans le processus décisionnel de la FQÉ est le sentiment d’appartenance.  La fédération deviendrait « nous » plutôt que « eux ».   Un membre à qui est accordé une voix, serait plus susceptible d’être intéressé par les problèmes ou les candidats se présentant à la tête de la FQÉ, plutôt que de se sentir simplement un client qui souscrit à une revue ou achète un « membership ».  Particulièrement à un moment où le nombre de membres adultes de notre fédération est une préoccupation constante, nous ne devrions pas sous-estimer l’importance de donner aux membres la possibilité qu’ils se sentent qu’inclus, consultés, ou impliqués dans la mission de la FQÉ et de favoriser les échecs québécois et ainsi de répandre la « bonne nouvelle ».   Plusieurs partagent le point de vue que le besoin le plus pressant à la FQÉ n’est pas d’apporter de nouvelles idées mais bien d’avoir plus de « paires de bras ».  Avec plus de membres intéressés aux affaires de la fédération, même si UMUV ne générait de l’intérêt que pour quelques dizaines d’individus, ce serait déjà un pas vers l’avant.

Un message commun

Lorsque le nombre d'électeurs potentiels est petit, comme il l’est aujourd'hui, il devient facile pour quelques candidats de concevoir leur stratégie en fonction de ce qu'ils pensent que l'électeur veut entendre.  Des attaques injustes sont également faites sur les candidats qui ne peuvent ou ne veulent pas répondre, par exemple sur différents babillards.  Avec moins de 1000 électeurs potentiels, l'importance de la campagne secrète, ou des propos mal rapportés sera considérablement réduite.  Les supports primaires pour des campagnes sous UMUV seront la revue et le site web de la FQÉ, tous les deux comportant un message commun souhaitable dans une campagne honnête.

Ça fonctionne !

UMUV n'est pas un système improvisé pour nos besoins ponctuels.  C’est une théorie qui a faite ses preuves et qui n’est pas radicale.  C’est une méthode employée avec succès par des groupes reconnus partout dans le monde.

Un groupe d’électeurs «d’élite» ?  

Certains prétendent que seuls des électeurs bien informés qui s’impliquent déjà dans leur région et auprès de la FQÉ, ont la sagesse nécessaire pour mener à bien l’élection de nos dirigeants.  Et qu’il est impensable d’accorder autant de « pouvoir » à un nouveau membre qu’à quelqu’un impliqué dans sa communauté échiquéenne depuis un grand nombre d’années.  Pourtant, l’Histoire (autant québécoise qu’internationale) est remplie d’exemples ou le contrôle par un group sélect de gens s’est avéré désastreux.  Cependant il est beaucoup plus difficile de trouver des situations critiques reliées au choix populaire ou la démocratie a été bafouée.

Néanmoins, il est indiscutable que dans une démocratie, les électeurs, souvent, font des erreurs.  La FQÉ telle que nous la connaissons est fondamentalement dirigée par un groupe restreint d’individus qui eux aussi ont récemment fait de graves erreurs.  Mais quelles sont les alternatives ?  Comme Churchill le disait : «La démocratie est la pire sorte de Gouvernement, à l’exception de toutes les autres formes qui ont été essayées une fois de temps en temps».

Concernant les « électeurs informés », la suggestion de prévoir un espace pour tous les candidats autant dans la revue que sur le site web de la Fédération, permettrait aux membres d’avoir une idée plus juste des enjeux.  Tous les électeurs intéressés à la gouvernance de la FQÉ pourraient donc avoir l’heure juste sur ce qui se passe réellement dans leur Fédération. 

L’argumentation prétextant que seuls les gens mieux informés sont en mesure de faire un choix éclairé remonte à plusieurs siècles.  Il s’agit de l’argument classique utilisé par les classes sociales plus élevées de plusieurs pays, afin de pouvoir conserver tous leurs pouvoirs et – dans bien des cas – de continuer l’oppression des pauvres.  Les gens plus démunis tendent à être moins bien informés et c’est de cette façon que ceux qui aiment le pouvoir aiment les choses. 

En 1430, un acte du parlement britannique avait un préambule qui expliquait «…qu’un trop grand nombre de personnes…» avaient voté aux élections d’un comté, chacun réclamant une «…voix égale avec celle des plus valeureux chevaliers et des seigneurs».  Cet acte, qui est demeuré effectif pendant plus de quatre siècles, exigeait que seuls les gens possédant une propriété puisse avoir droit de vote.

Au 20ème siècle en Afrique du Sud, une partie de l'argument de la minorité régnante des blancs était, en fait, qu'ils étaient ceux qui «consacraient» beaucoup d'énergie et de ressources au service de leur nation, et que la majorité noire était «mal informée» et ne méritait donc pas le droit de voter.  Plusieurs avaient prévu un bain de sang et un désastre si on étendait l’électorat et on permettait aux noirs de voter et de contrôler le gouvernement.  Mais ça ne s’est pas matérialisé, comme tant d'autres prévisions.

Préoccupation des membres ?

Un autre argument fréquemment utilisé contre UMUV est que la plupart des membres ne se préoccupent seulement que de jouer aux échecs et n’auront que peu d’intérêt pour le CA de la FQÉ et ne voteront pas.  Je conviens que, même si on leur donnait l’occasion, la plupart des membres ne voteraient probablement pas. Cependant :

  1. N'importe quel membre d'adulte qui souhaite voter pour le conseil exécutif devrait pouvoir le faire. Que d'autres choisissent de ne pas voter est non pertinent ; nous sommes une organisation démocratique et un membre qui a payé mérite le droit de voter.  L'argument selon lequel on ne devrait pas permettre à quelqu’un de voter parce que lui ou elle fait partie d'un groupe trop petit d'électeurs potentiels peut sembler ridicule, mais il s’agit, en réalité, d’une rhétorique anti-démocratique qui date de plusieurs siècles.

  2. L'intérêt des membres pour le CA de la FQÉ est actuellement à un niveau bas parce que peu de membres sont en droit de voter. Si la possibilité est offerte à tous les membres d'adultes, beaucoup plus deviendront intéressés. Actuellement, on permet à seulement environ 50 membres de voter, en réalité seulement 30 profitent de ce droit. Sous UMUV, est-il concevable qu’au moins une centaine de personnes profiteraient de ce privilège ? Personne ne le sait, mais n'importe quelle augmentation serait un grand pas en avant pour la FQÉ, car l'intérêt accru des membres devrait finalement augmenter le nombre de candidats de qualité. Permettre simplement ce droit de vote permettra à plusieurs d’avoir une image plus positive de la FQÉ.

Élection par représentativité

Lors de la dernière assemblée générale de la FQÉ, les délégués de Ligues ont voté pour de nouveaux règlements généraux.  Le nouvel article 18 allait de l’avant avec une délégation de pouvoir plus grands aux grands centres avec la clause suivante : « De plus, ils peuvent déléguer une personne supplémentaire pour chaque tranche de dix pourcent (10%) des membres de la Fédération qu’ils regroupent, excluant les membres affiliés de ce décompte. ».  Cependant il est apparu assez rapidement que ce changement n’était pas suffisant.  En effet, du côté des représentants de la Montérégie, par exemple, aucun délégué n’avait jugé utile de se présenter et cette clause n’a généré aucun intérêt significatif. 

De plus, les modifications aux règlements généraux n’ont suscité aucun intérêt supplémentaire vis-à-vis de nouveaux candidats potentiels de qualité au leadership de la FQÉ.  Sur les 5 postes disponibles au CE, un seul s’est retrouvé en élection (président) tous les autres candidats étant élus par acclamation.  Aucune discussion sérieuse n’a pris place publiquement au sujet des enjeux les plus importants au sein de la Fédération.

Bien sur il existe aussi la possibilité qu’un autre système « intermédiaire » puisse générer plus d’intérêt vis-à-vis.  Mais l’expérience a démontré qu’un « compromis démocratique » a moins de chance de fonctionner qu’une démocratie complète.  On se mouille ou on ne se mouille pas.  De toute manière, aucune autre façon d’implémenter la démocratie n’a été proposée jusqu’à ce jour.  Le peu de succès du nouvel article 18 de nos règlements généraux, en aucun cas, ne peut être considéré comme un indicatif de ce qu’UMUV pourrait être.

Un retour vers le passé  

Tout comme vers le début des années 1700 où un sénateur américain prétendait : «Je ne connais personnellement pas plus d’une demi-douzaine de femmes qui sauraient quoi faire d’un droit de vote, par le fait même, il est inutile de leur en donner le privilège» les opposants d’UMUV prétextent que même s’ils en avaient le droit, peut de membres en profiteraient.  Ainsi, selon eux, comment prévoir que s’ils ne prennent même pas la peine (selon le système actuel) de voter pour des gens de leur région, qu’ils croisent sur une base régulière, et de s’impliquer dans leur Ligue, ils prendront le temps de voter pour des gens que souvent ils ne connaissent pas et qui ne sont pas préoccupés par les problèmes qu’ils vivent eux dans leur région ?  En fait, c’est un argument un peu faible.  Considérons ce qui suit : 

  • 1.  La FQÉ est un organisme démocratique.  Maintenir la position qu’un membre devrait être refuser un droit de vote parce qu’un autre lui n’en profiterait pas est profondément anti-démocratique. 

  • 2.  Les élections avec les nouveaux règlements généraux ont été plutôt ennuyantes sans débat des grands enjeux.  Tout au plus, les deux candidats à la présidence ont bénéficié de 5 minutes pour exprimer leur point de vue.  Si les grands enjeux étaient débattus publiquement, sur le site web de la FQÉ ou dans la revue Échec +, cela attirerait assurément plus de membres qui auraient tendance à sentir un appel beaucoup plus profond et à s’impliquer. 

  • 3.  L’argument prétextant qu’il y aurait beaucoup plus de personnes impliquées au niveau des Ligues (pour des gens qu’ils connaissent bien) plutôt qu’au niveau de la FQÉ (pour des gens qu’ils connaissent moins bien) est réfuté par l’exemple de l’élection de nos Gouvernements.  Le peuple en général a beaucoup plus tendance, lors d’une campagne électorale, à suivre les commentaires et les gestes des chefs de partis (et de leurs lieutenants) qu’à ceux du député local.  Et même si ce n’était pas le cas, plus de gens impliqués au sein de leur Fédération et de leur Ligue serait déjà un grand pas vers l’avant. 

  • 4.  Les mêmes personnes qui suggéraient qu’UMUV ne fonctionnerait probablement pas parce que le système de représentativité et les Ligues ne fonctionne pas bien supportent maintenant la thèse que l’emphase devrait être redirigée vers les Ligues avant de pouvoir penser à améliorer la FQÉ.  Ils semblent débuter leur analyse par UMUV ne peut fonctionner et par la suite tentent de trouver des justifications à leur position.  Pourquoi ont-ils peur d’UMUV ?  Est-ce vraiment parce que ça ne susciterait pas l’intérêt de plusieurs membres ?  Où plutôt, est-ce vraiment que justement ils ont peur que trop de membres votent et qu’ainsi le pouvoir des gens en place (les « initiés ») diminue radicalement ? 

Concours de popularité ?  

Plusieurs personnes prétendent que sous UMUV, il serait facilement concevable de voir des candidats «populaires» élus au CE de la FQÉ, plutôt que des candidats compétents.  Que les membres auraient plus tendance à voter pour un candidat connu pour d’autres raisons que ses qualités d’administrateur.  Peut-être, mais en démocratie, c’est le privilège des électeurs.  De toute façon, ça ne peut être qu’une grosse exagération de prétendre que la « popularité » serait la seule responsable de l’élection d’un administrateur.  

Le débat public ainsi que la feuille de route des candidats ne pourraient être ignorés. Encore une fois, même s’il je ne vois rien de mal à voir un candidat populaire élu sur le CA de la FQÉ, il m’apparaît évident qu’il est beaucoup plus facile d’être populaire auprès d’un petit groupe d’initiés que de tout les membres de la FQÉ. 

Un partage des votes désastreux ?  

Il a été écrit qu’en étendant le droit de vote à tous les adultes de la FQÉ, il serait possible d’avoir un partage de vote désastreux.  Qu’il serait possible de voir: 

1. Un CE complet «hors Montréal» élu alors que Montréal compte presque 40% des membres de la FQÉ.  

2.  Un CE complet «Montréal» élu alors que 60% des membres de la FQÉ provient de l’extérieur de Montréal.  Vraiment ? 

D’une part, depuis plusieurs années la FQÉ est dirigée par des gens provenant essentiellement de l’extérieur de Montréal.  Elle ne s’en porte pas plus mal (à tout le moins, pas plus mal que Montréal elle-même).  

D’autre part, les membres éliraient autant leurs représentants de Ligue que les membres du CE de la FQÉ.  Ainsi le CA, par les Ligues, serait essentiellement composé ÉGALEMENT d’une majorité de représentants (possibilité de 17 Ligues) provenant de l’extérieur de Montréal Mais la vraie question est : «Est-ce le fait d’avoir des représentants d’une région ou d’une autre exprimerait nécessairement des positions si diamétralement opposées que cela causerait un désastre ?»  Cette rhétorique ressemble beaucoup plus à une campagne de peur.  Comme le dit si bien la maxime : «On peut abuser de la majorité des gens de temps en temps, de quelques personnes tout le temps, mais pas de tout le monde tout le temps». 

Ça pourrait favoriser les candidats plus riches

Est également un argument qui revient de façon sporadique par les opposants d’UMUV.  L’argumentation repose sur le fait qu’on ne peut connaître personnellement tous les membres de la FQÉ et qu’ainsi il serait facile pour certaines personnes de s’acheter des membres «fictifs» ou mieux encore, des cartes de membres pour de vraies personnes mais qui n’ont aucun intérêt pour les échecs ou les affaires de la FQÉ afin de s’assurer d’avoir un nombre de vote suffisant pour être élu.

Mais encore une fois cette rhétorique apparaît plutôt faible.  En effet, dans le système actuel, un tel candidat pourrait déjà « théoriquement exister ».  S’il avait suffisamment de ressources financières à investir il n’aurait qu’à « favoriser » un group sélect d’individus (entre 10 et 15) afin de s’assurer d’être élu.  Alors que sous UMUV il lui en coûterait probablement le triple ou plus pour la même élection.  Si un individu a un certain montant d’argent à investir ou à consacrer à ses activités, ne préfère-t-on pas voir cette argent apparaître dans le milieu des échecs plutôt qu’ailleurs ?

De plus, pourquoi veut-on faire comme si la FQÉ n’avait pas besoin de ressources financières additionnelles ?  Plus de cartes de membres vendues signifie plus d’argent dans les coffres de la FQÉ, ce qui signifie également plus de services de qualité pour les membres.  Qu’y aurait-il de si mauvais pour la FQÉ à voir les candidats s’activer à vendre des cartes de membres afin d’obtenir le plus de votes possibles ?  D’autant plus que même si cette méthode fonctionnait et qu’il était élu, le candidat ne bénéficierait tout de même que d’une seule voix sur une possibilité de 23 au sein du CA de la FQÉ.  Car, il ne faut pas oublier également que la majorité des membres du CA de la FQÉ proviennent des différentes Ligues et non pas de l’exécutif.

L’influence  

Une argumentation importante a également été soulevée par les opposants d’UMUV.  La plupart des « électeurs » actuels sont des individus qui sont déjà très impliqués dans leur communauté échiquéenne, leur club local et/ou leur Ligue.  Sans l’implication de la plupart de ces personnes, ces régions auraient beaucoup de difficulté à bien fonctionner.  Dans bien des cas, sans le sentiment d’avoir une voix importante au sein de leur Fédération, sentiment que leur droit de voter pour nos dirigeants leur donne, sans l’expertise qu’ils apportent à la FQÉ, autant les Ligues que la FQÉ pourraient grandement s’en ressentir.  En fait, on a affaire ici à un argument très important à prendre très au sérieux.  Cependant il n’a pas encore été démontré que d’accorder le droit de vote à tous les membres adultes diminuerait de quelque façon que ce soit leur influence autant auprès des Ligues que du CA de la FQÉ. 

Les Ligues  

Il a également été mentionné qu’un des effets néfastes que pourrait emmener UMUV serait de diminuer les relations entre la FQÉ et ses membres partenaires.  Le seul problème est qu’il n’est pas clair de quelle façon cela pourrait se produire.  En effet, d’étendre le droit de vote à tous les membres adultes ne changerait rien au fait que ce sont les Ligues, qui par leurs représentants au CA et aux assemblées, continueraient d’être les grands manitous de la façon de gérer la FQÉ ainsi que de ses règlements généraux. 

L’argument de la revue et du site web

Certains pensent qu’avec une campagne électorale diffusée autant sur le site web de la Fédération que dans la revue Échec +, le CE en place pourrait aisément manipuler ou limiter l’information transmise aux membres sur les affaires de la Fédération afin de s’assurer d’être réélu.  Cette possibilité existe déjà avec le système actuel.  Cependant cet état de fait n’a jamais été constaté jusqu’à présent.  En fait, il est beaucoup plus probable qu’une telle situation se soit produite bien avant l’ère d’Internet alors que seule la revue était l’outil de communication entre la FQÉ et ses membres.  Honnêtement, il est plutôt plausible de penser qu’une telle situation serait moins susceptible de se produire aujourd’hui avec la technologie moderne à notre disposition.  Enfin, un rédacteur en chef ou un webmestre qui procéderait de cette façon, se verrait plus probablement indiquer la porte de sortie très rapidement.

Peur vs réalité  

La plupart des gens tendent à être plutôt conservateurs et à résister aux changements.  Une des raisons majeures expliquant qu’UMUV n’ait pas été mis en place avant aujourd’hui est probablement due aux campagnes de peur mises en place par les initiés actuels.  Les interminables débats sur la place publique, les assemblées générales hors de contrôle, les diffamations répétées de certains individus et plusieurs autres situations similaires tendent à faire fuir les gens.  Ainsi, par le passé, il est fort compréhensible que les dirigeants en place aient plutôt opté pour une position prudente en conservant le statu quo.

 

Cependant l’Histoire nous apprend une chose très importante (autant du côté des droits des noirs que ceux des femmes par exemple et de d’autres groupes ethniques ou religieux).  Pendant des siècles, tous ceux qui ont fait campagne pour élargir le droit de vote ont eu raison !  En fait, avec notre mentalité du 21e siècle, dans le plupart des cas, quand on jette un coup d’œil à l’argumentation des gens étant contre l’élargissement des droits de vote, elle nous semble absurde.  La bataille pour la démocratisation de la FQÉ n’est qu’une infime partie du travail à effectuer dans le monde, qui inévitablement se dirige vers cette réalité.  Ce n’est qu’une question de temps.  Trop de gens sont exclus un peu partout dans notre société.  Comme la FQÉ ne gouverne que les échecs au Québec et non nos vies, nous n’avons donc pas à faire face exactement aux mêmes valeurs morales.  Il apparaît important d’avancer de ce pas historique maintenant et envoyer un signal clair à ceux qui critiquent la FQÉ que le changement est enclenché pour de bon et que tous nos membres adultes auront dorénavant une voix qui sera entendue.  Et également que nous voulons offrir une meilleure image de la FQÉ afin d’aller vers l’avant, reconstruire la base de nos membres et repopulariser notre jeu des rois.

  Suggestion de modifications aux règlements généraux

Ces changements peuvent être mis en place immédiatement par l’actuel CA de la FQÉ et ratifiés lors de la prochaine assemblée générale des membres.

Article 18 Représentation des membres partenaires, définition et procédure

Les membres partenaires peuvent délégués aux assemblées générales de la Fédération cinq (5) personnes.  De plus, ils peuvent délégué une personne supplémentaire pour chaque tranche de dix pourcent (10%) des membres de la Fédération qu’ils regroupent, excluant les membres affiliés de ce décompte.

Chaque membre partenaire doit faire connaître à la Fédération, par écrit, et ce par l’entremise de son président, le nom de ses délégués avant l’ouverture d’une telle assemblée.

Tout délégué doit obligatoirement être membre en règle de la Fédération, résidant sur le territoire desservi par le membre partenaire et avoir au moins seize (16 ans) lors de la tenue de l’assemblée générale.

Tout membre, résidant au Québec, âgé de 18 ans ou plus au moment de l’ouverture de l’élection, et qui est membre régulier, honoraire ou titré en règle jusqu’à la fin du mois ou se tiennent les élections, est un membre ayant droit de vote des membres du conseil exécutif.

Un bulletin de vote sera inséré avec la revue de tous les membres votants au moins 3 mois avant l’élection.  Toute personne désirant se prévaloir de son droit de vote devra faire parvenir son bulletin au secrétariat de la FQÉ, au moins 30 jours avant la date de l’assemblée générale.

Article 23 Composition

Remplacer : a) Cinq (5) personnes élues par l’assemblée générale des membres au suffrage universel

Par : a) Cinq (5) personnes élues au suffrage universel par tous les membres en règle réguliers, honoraires et titrés de la Fédération s’étant prévalus de leur droit de vote dans les délais prescrits.

Article 25 Éligibilité

Les employés salariés de la Fédération ne sont pas éligibles à la fonction d’administrateur de la Fédération.  Dans le cas ou un administrateur deviendrait un employé salarié, il perd sa qualité d’administrateur.

Pour être éligible à la qualité d’administrateur, la personne doit être membre en règle de la Fédération, d’une des catégories suivantes, soit membre régulier, membre honoraire ou membre titré, résider au Québec et avoir au moins dix-huit (18) ans au moment de l’assemblée générale.  De plus, le représentant désigné par un membre partenaire doit résider sur le territoire desservi par la Ligue.

Pour être éligible à soumettre sa candidature afin d’obtenir un poste au sein du conseil exécutif de la FQÉ, la personne doit être membre en règle de la Fédération, d’une des catégories suivantes, soit membre régulier, membre honoraire ou membre titré, résider au Québec et avoir au moins dix-huit (18) ans au moment de soumettre sa candidature. 

Article 26 Mise en candidature et élection des administrateurs

A tous les deux (2) ans, le conseil d’administration forme un comité de mise en candidatures formé de trois (3) personnes.  Le comité a pour tâche de susciter des candidatures aux fonctions d’administrateurs élus de la Fédération, de vérifier l’éligibilité des candidats et de faire rapport à l’assemblée générale annuelle.  Le président du comité agit comme président d’élection et informe l’assemblée du résultat des élections aux cinq postes du conseil exécutif.

Les personnes intéressées à se porter candidats doivent déposer, au secrétariat de la Fédération, leur bulletin de candidature signé et contresigné par deux (2) membres de la Fédération au moins 30 jours avant l’envoi du bulletin de vote accompagnant la revue. 

Au cas d’absence de candidature faite dans ce délai pour chacun des postes en élection le président d’élection peut accepter les mises en candidatures provenant du parquet de l’assemblée.

La désignation des représentants de Ligues en règle est entérinée à l’assemblée générale annuelle.

Article 27 Mandat

Tous les administrateurs élus ou désignés ont un mandat de 2 ans.

En résumé

Les adversaires d'UMUV déclarent que plusieurs situations désastreuses se produiront probablement sous UMUV telles que des élections coûteuses pour la FQÉ, de plus grands groupes d’électeurs étant plus faciles à duper et étant «achetées», ou seulement les membres les plus riches avec une certaine renommée seront élues sur le CE de la FQÉ.  Plusieurs problèmes possibles sont présentés mais sans solution autre que ne pas employer UMUV.   En fait ces «problèmes» viennent beaucoup plus par extension de ceux déjà existants.   Souvent ils sont sans fondement avec aucune preuve à l’appui.   Existe-t-il des OSBL au Québec ayant accordé le droit de vote à tous leurs membres et vivant des problèmes aigus reliés à ce droit de vote ?  Je n’en connais pas.  Mais on connaît par contre plusieurs organismes «pyramidaux» vivants de graves problèmes depuis plusieurs années.  Au cours des dernières années les adversaires d'UMUV ont préparé un ahurissant choix d'arguments souvent contradictoires contre UMUV.   Il semblerait que la plus grande résistance à une transformation UMUV viennent de gens déjà en place depuis plusieurs années, qui craindraient que les «nouveaux élus sous UMUV» aient une perspective mal informée des affaires de la FQÉ et qu’ainsi ils bousillent le travail qu’eux ont mis plusieurs années à bâtir.  Pourtant, si la situation était si reluisante, alors pourquoi est-ce que tant de personnes demandent un changement depuis plusieurs années ?  Qu’auraient les «nouveaux élus sous UMUV» comme avantage à détruire ce qui est déjà en place et génère de bons résultats ?

Au cours des dernières années des arguments contre UMUV de moindre importance ont également été débattus.  On estimait que même avec UMUV, il n’y aurait probablement que très peu de changements parmi nos dirigeants étant donné le peu d’intérêt des membres de s’impliquer ou l’inverse, trop de changements (manque de continuité) suite à des concours de popularité qui résulteraient en un manque de discussions sérieuses sur les vrais enjeux de la Fédération.  Ou même qu’il serait possible qu’un groupe d’individus favorisant la dissolution de la FQÉ soit élu !!

La démocratie a une longue «carrière politique» derrière elle.  Si un pays ou un organisme adopte UMUV, il y a également certaines attentes raisonnables associées à un tel geste.  Évidemment tous les problèmes ne disparaîtront pas du jour au lendemain à la FQÉ.  Quelques uns pourraient même être pire pendant une certaine période de temps.  Mais encore une fois, nous devons comprendre que la démocratie est d’abord et avant tout un consentement à être gouverné.  Voici une liste de ce qui peut être espérer après l’instauration d’UMUV :

1.  UMUV accordera un droit de consentement aux membres.  Ce qui signifie qu’un plus grand nombre d’entre nous serons susceptible de participer aux affaires de la Fédération.  Il est également probable que par le fait même, un plus grand nombre de bénévoles acceptent de s’impliquer.

2.  UMUV attirerait de nouvelles personnes, avec de nouvelles idées et de nouvelles ressources.  Ce qui ne pourrait qu’être bénéfique pour l’avenir de notre Fédération.  Combien de personnes ayant positivement contribués aux échecs ont disparues soudainement au cours des ans sous prétexte que « l’atmosphère » n’était pas saine à la FQÉ ?

3.  UMUV réduirait considérablement les propos mal rapportés, les attaques personnelles et les menaces injustes.  Aussi froid que puisse être Internet, en démocratie ce n’est rien comparer à ce qui se passe souvent au sein de la FQÉ.  Nécessairement les candidats auraient à mettre sur pied une campagne beaucoup plus positive que ce qui se fait présentement.

4.  UMUV terminera définitivement les campagnes téléphoniques (et de courriels) d’un groupe restreint et select d’individus.  Il sera dorénavant nécessaire pour les candidats de s’ouvrir à tous les membres pour espérer être élu.  Fini les promesses et belles paroles afin d’être élu.  La marque de commerce de la démocratie repose justement sur un message commun à l’ensemble de notre communauté.  Ce qui est absent de la FQÉ depuis plusieurs années.

5.  UMUV créera une nouvelle génération de dirigeants qui seront redevables aux membres plutôt qu’à une poignée d’individus.  Nos dirigeants auront plus tendances à rechercher des solutions aux problèmes de tous les membres plutôt que de se concentrer sur ceux d’un petit groupe de personnes (leurs « électeurs »).  Ce qui donnera une meilleure vision d’ensemble.

6.  UMUV nous donnera donc des dirigeants avec une plus grande diversification de compétences, de points de vue et d’expérience.  Il se pourrait même que des gens d’affaires se greffent à la Fédération avec le temps.

7.  UMUV servira aussi à décourager radicalement le genre de haine et guerres personnelles que nous vivons depuis plusieurs années et qui est présentement toléré.  Au cours des dernières années, nous avons pu être témoin de plusieurs situations inacceptables.  Du harcèlement, de la diffamation répétée, des menaces physiques et même plus graves.  Sous UMUV, cette attitude serait désastreuse pour une personne ayant recours à ces méthodes.

8.  UMUV signifiera la fin des ententes secrètes et des sous-entendus d’une Fédération opaque.   Plusieurs membres sont souvent estomaqués d’apprendre comment certains dossiers sont réglés.  Souvent, les membres sont mis devant le fait accompli et ne sont informés que plusieurs mois après que certaines situations se soient « réglées ».  La FQÉ a même fréquemment agi à l’encontre de ses propres règlements généraux sans même que les membres n’en soit informés.  Qui ne se souvient pas, par exemple, de cet ancien président et de cet ancien directeur général qui étaient sur le point de payer plus de 30 000$ en location de salle pour la présentation du COQ ?

Facteurs clés de la réforme proposée

Facteur

Système

Actuel

UMUV

Un CE plus redevable aux membres

NON

OUI

Tous nos dirigeants élus par les membres

NON

OUI

Diminution de conflits d’intérêt et d’éthique douteuse

NON

OUI

Clarifier la communication avec les membres

NON

OUI

Faciliter l’implication de plus d’individus qualifiés

NON

OUI

Supporter de nouveaux membres au sein du CA

NON

OUI

Encourager les mises en candidature au sein du CE

NON

OUI

Améliorer la diversité de nos dirigeants

NON

OUI

Propager un message commun pour tous

NON

OUI

Offrir des chances égales pour tous les candidats

NON

OUI

Mise sur pied un processus démocratique égal pour tous

NON

OUI

Accorder une voix égale à chaque membre adulte

NON

OUI

Maximiser l’implication des membres aux élections

NON

OUI

Réduire l’influence d’un groupe restreint d’individus

NON

OUI

Élections sur une période de 2 ans

NON

OUI

Conclusion

Selon moi, la situation actuelle au sein de la Fédération n’est pas aussi dramatique que certains voudraient nous le faire croire.  Au contraire, à plusieurs reprises j’ai pu constater qu’un nombre restreint d’individus impliqués accélère la prise de décision et facilite donc une correction des situations négatives plus rapidement (ne penser qu’aux finances).

La vraie question à se poser devient alors est-ce qu’avec UMUV la situation de la FQÉ s’en trouverait améliorée ?

Pour ma part j’estime que oui.  Pour plusieurs raisons.  Tout d’abord la Fédération bénéficie d’une subvention gouvernementale lui permettant de mettre en œuvre un certain nombre de projets.  Par comparaison, plusieurs autres Fédérations ne recevant presque pas de subventions, ont dues se regrouper entre elles afin de bénéficier des ressources d’un plus grand nombre.  Ainsi il est important de bénéficier de la chance que nous avons.  Il m’apparaît clair que la meilleure façon pour y arriver est de d’emmagasiner l’expertise d’un plus grand nombre d’individus possible.  Et je crois sincèrement qu’UMUV irait dans cette direction alors que le système actuel a plutôt tendance à avoir l’effet contraire.

Cependant tout n’est pas parfait.  Pour être un succès, UMUV exigerait des membres un sens des responsabilités qui est inexistant avec le système actuel.  De plus, les commentaires extrémistes émis par une poignée d’individus n’incitent pas beaucoup à supporter un tel projet.  Sur Internet, on peut même trouver des commentaires du genre « Si dans un tournoi vous croisez quelqu’un qui s’est ouvertement affiché contre UMUV alors insultez-le, criez-lui après, rabaissez-le, menacez-le, etc.… » (oui oui…ça s’y trouve).  Plusieurs autres commentaires disgracieux et déplacés plus près de chez nous ont également été rapportés et ces arguments tendent à vouloir servir plus les intérêts de ceux les affichant.  Tout cela se trouve justement à l’opposé des buts recherchés par UMUV.

Ces personnes à la critique facile mais à l’implication douteuse ne représentent heureusement qu’une infime partie de nos membres.  C’est pourquoi il ne faut pas se laisser distraire par leurs interventions.  Les objectifs visés par UMUV sont sains et méritent d’être analysés en profondeur et bien évalués.

Avec UMUV ou non, il est important que les membres de la FQÉ continuent de supporter leur Fédération.  Même avec UMUV, si l’apathie actuelle persiste, tout le monde s’en trouvera perdant.  L’objectif ultime de la FQÉ devrait être de rassembler le plus grand nombre d’amateurs d’échecs possible dans une grande famille et les inciter à propager l’amour du jeu.  UMUV semble être une bonne voie pour y parvenir mais n’est assurément pas la seule.  C’est pourquoi, selon moi, il serait tout aussi important d’envisager une suite…avoir une vision d’avenir APRÈS UMUV.