Surprise de taille en cette deuxième ronde du tournoi "Le thématique" du Club d'échecs de Charlesbourg: l'expert François Caire (2113) qui s'écroule misérablement après 11 coups contre un Gambit Evans de l'entreprenant Simon Laflamme (1762). Cette victoire de Laflamme apparait doublement surprenante du fait que l'ouverture est habituellement une des forces de François. Enfin, que ce dernier se console en se disant que j'ai déjà fait pire: défaite en 6 coups (vous avez bien lu!) contre Martial Larochelle au Tournoi du Père Noel 1999.

Pendant ce temps (si l'on peut dire), le seul maitre à bord Robin Girard (2265) se riait comme à l'accoutumée de l'opposition et s'assurait rapidement le point complet contre Michel Filiatreault (1839). Enfin, quand je dis qu'il se riait, c'est une façon de parler, car Robin est à mon avis un joueur modèle en ce qui concerne le respect de l'adversaire.

Norbert Lachance (1778) n'en eu pas l'ombre d'une contre un Réjean Plante (2173) solide comme un chêne. Faut dire que Réjean est TOUJOURS solide...même à l'analyse! Il n'est pas facile de le désarçonner avec une variante qu'il n'aurait pas considéré, possiblement parce qu'il appuie beaucoup son jeu sur un sens positionnel étonnamment développé. Le Karpov de Québec. En plus pesant.

L'expert Stéphane Beaudoin (1982), apparamment pas très en forme échiquéenne ces derniers jours, n'a pu soutirer plus d'une nulle à Herr Éric Gaudreau (1636). De même, Daniel "Bugs" Bonneau (2024) s'en est tiré à bon compte en annulant contre l'ex-breakeyvillois Gaétan Lapierre (1804) qui a manqué un gain assez simple en fin de partie.


Bonneau-Lapierre
Pourquoi ne pas jouer tout bêtement ici 1...c5 2 Cb6 Rd6 3 a8:D Dxa8 4 Cxa8 Rc6 avec de la viande chevaline au souper. Les pions e et g, intouchables comme chacun sait (ou devrait savoir!), n'ont plus qu'à attendre que leur monarque prenne sa marche digestive pour se voir escorter jusqu'à la première rangée. Enfin, il se faisait tard, la fatigue peut expliquer ce genre de bévue...

Yvon Poliquin (1965) s'est de nouveau retrouvé avec une position qui avait toutes les caractéristiques d'un fiasco avec encore deux pions de moins, dans une finale Dame et Tour contre Dame et Tour. Et pourtant quelques manoeuvres irréfléchies du "Shark" Claude Boissinot (1619) ont permis à Poliquin de soutirer miraculeusement une nulle à laquelle il n'aurait sans doute pas cru même dans ses rêves les plus fous.

Quittons un peu les têtes d'affiche pour signaler le petit incident de fin de soirée, alors que le ton monta de quelques décibels entre Jean Turcot (1447) et son adversaire Jacques Michaud (1487). Pas de quoi faire une histoire à mon avis. Monsieur Turcot aurait pu admettre de bonne grâce que la partie était nulle au lieu de défendre "les principes" (selon Turcot l'arbitre aurait décrété la nulle avant que Michaud ne la réclame). Imaginez: un duel palpitant qui impliquait, outre les deux rois, un pion b4 blanc et un Fd5 noir. Rien d'autre sur l'échiquier. Ben quoi, les noirs pouvaient encore se tromper, il ne leur restait que quelques minutes après tout!