Une bonne ambiance régnait au Club d'Échecs de Charlesbourg lundi dernier (le 28), avec ses 45 participants. Soulignons au passage et encore une fois la belle surprise de l'arbitre et organisateur Gaétan Lapierre, qui en obtenant une salle attenante pour analyser ou pour jouer des blitzs, réglait le traditionnel problème des gens qui font du bruit au fond de la salle.

Et puisqu'on parle de surprises, passons tout de suite au classement après 3 rondes, qui voit Sébastien Nadeau (1772) et Mathieu Godbout (1658) seuls en tête avec 3/3, devançant d'un bon demi-point une brochette d'experts. Nadeau était d'avis que la première erreur sérieuse de son adversaire Simon Laflamme (1878) fut la poussée blanche e5 au 12e coup, une idée typique dans la sicilienne Scheveningen. Mais l'erreur perdante de Simon survient vraisemblablement plus tard...

(3) Laflamme,Simon (1878) - Nadeau,Sebastien (1772) [B85]
Estival 2
1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fe2 e6 7.0–0 Fe7 8.f4 Dc7 9.Fe3 Cc6 10.De1 Fd7 11.Dg3 0–0 12.e5 dxe5 13.Cxc6 Fxc6 14.fxe5 Ce4 15.Cxe4 Fxe4 16.Fd3 Fg6 17.Fxg6 hxg6 18.c3 Tad8 19.Tad1 Td7 20.Fd4 Tfd8 21.Tf4 Fc5 22.Df2 Dxe5 23.Tf1 Fxd4 24.cxd4 Dc7 25.De3 Db6 26.Df2 Dc7 27.a3 Tf8 28.Th4 Td5 29.De3 Th5 30.Thf4 g5 31.Df3 Th6 0–1


Le duel sur le troisième échiquier mettait aux prises Mathieu Godbout et Michel Ouellet (1826), deux joueurs pleins de ressources et qui à mon avis entrent tous deux dans la catégorie des "il lui en manque pas gros pour devenir expert". À ne pas confondre avec la catégorie des "y'en manque pas gros pour qu'y soit PAS expert", qui inclue d'autres joueurs que je ne peux nommer ici faute d'espace. Quoiqu'il en soit, nos deux protagonistes se sont engagés dans un savant duel positionnel, le genre de combats où on manoeuvre, on s'observe, on se jauge, on se soupèse, et on espère que c'est l'autre qui va s'endormir le premier. Ce premier fut en fin de compte Ouellet qui dériva éventuellement vers une finale de pions ingrate, quoique possiblement tenable.

(4) Godbout,Mathieu (1658) - Ouellet,Michel (1826) [A39]
Estival 2
1.c4 Cf6 2.Cc3 c5 3.Cf3 g6 4.g3 Fg7 5.Fg2 0–0 6.0–0 Cc6 7.d4 cxd4 8.Cxd4 Cxd4 9.Dxd4 d6 10.Fg5 h6 11.Fd2 Fd7 12.Dd3 Fc6 13.e4 Cd7 14.Tac1 b6 15.b3 Tc8 16.Tfd1 Cc5 17.De2 Dc7 18.f3 Tcd8 19.Fe3 Tfe8 20.Dd2 Rh7 21.Cd5 Db7 22.Fd4 Fxd5 23.cxd5 Tc8 24.Fh3 Cd7 25.Fxg7 Rxg7 26.Fxd7 Dxd7 27.Txc8 Txc8 28.Tc1 Tc5 29.b4 Tc7 30.Txc7 Dxc7 31.Db2+ Rg8 32.a4 Dc4 33.Rf2 a6 34.De2 Dxe2+ 35.Rxe2 e6 36.dxe6 fxe6 37.b5 axb5 38.axb5 Rf7 39.Rd3 g5 40.f4 Rf6 41.Rc4 Rg6 42.f5+ exf5 43.exf5+ Rxf5 44.Rd5 Rg4 45.Rxd6 Rh3 46.Rc6 Rxh2 47.Rxb6 Rxg3 48.Rc5 h5 49.b6 h4 50.b7 h3 51.b8D+ Rg2 52.Db2+ Rg1 53.Rd4 h2 54.Re3 Rh1 55.Rf3 1–0


Richard Sauvé (1941) n'a pas impressionné contre Michel Filiatreault (1797) sur le premier échiquier. Au lieu du suboptimal 11 g4? la suggestion de François Dorion 11 Fxf6! suivi de 12 Cf4 donnait toutes les raisons aux blancs de songer à la victoire. Après que Filiatreault eût rendu la politesse avec le sacrifice 11...Cxg4? (11...Fg6 était correct) Richard poursuivit avec l'inusité 14 Rd2?! (meilleur est 14 Tg1 suivi de 15 Tg3) puis l'inférieur 15 Dg1?!, et ce n'est qu'avec la collaboration de l'adversaire qu'il s'en sorti avec la nulle.

(1) Sauve,Richard (1941) - Filiatreault,Michel (1797) [D35]
Estival 2, 2003
1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cc3 d5 4.cxd5 exd5 5.Fg5 Fe7 6.e3 h6 7.Fh4 0–0 8.Fd3 c6 9.Cge2 Fg4 10.f3 Fh5 11.g4 Cxg4 12.Fxe7 Dxe7 13.fxg4 Fxg4 14.Rd2 Te8 15.Dg1 Ff3 16.Cf4 Fxh1 17.Ch5 g5 18.Df2 Fe4 19.Cf6+ Rg7 20.Cxe8+ Dxe8 21.Fxe4 dxe4 22.Tf1 Cd7 23.Cxe4 De7 24.Cg3 De6 25.a3 Te8 26.Cf5+ Rg6 27.h4 Cf6 28.h5+ Rh7 29.Cg3 Rg7 30.Cf5+ Rh7 ½–½


Martin Glode (1890) a manqué la chance de s'illustrer en offrant une belle prestation contre François Caire (2086). Hélas les échecs se jouent avec une horloge, et c'est finalement le temps qui aura privé Glode d'une victoire par ailleurs méritée.

Je termine ce rapport en vous présentant cette première victoire de Éveline Dion-Laliberté sur le 22e échiquier contre Patrick Cinq-Mars. Après avoir erré un peu dans l'ouverture à la recherche d'un plan, Éveline fut la première à mettre ses idées en ordre et à jouer les coup bien ciblés 8...Fg4, 9...Cd4 et 10...d5 pour mettre sous pression les blancs. Il n'en fallut pas plus pour faire craquer Patrick avec la gaffe 11 c3??dont les noirs ont ensuite impitoyablement profité (11 exd5 était correct) .

(2) Cinq-Mars,Patrick - Dion-Laliberte,Eveline [C50]
Estival 2
1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4 Fc5 4.0–0 Cf6 5.d3 0–0 6.De2 d6 7.Fe3 a6 8.a3 Fg4 9.Cbd2 Cd4 10.Dd1 d5 11.c3 Cxf3+ 12.gxf3 Fxe3 13.fxe3 Fh3 14.exd5 Fxf1 15.Cxf1 Cxd5 16.e4 Cf4 17.Rf2 Dh4+ 18.Cg3 Dxh2+ 19.Re1 Dxg3+ 20.Rd2 Df2+ 21.Rc1 Ce2+ 22.Rc2 b5 23.Fd5 Tad8 24.De1 Cd4+ 25.Rd1 Dc2# 0–1